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Réunion du Comité national de suivi du plan de relance du 19juillet 2021

Une réunion du comité national de suivi du plan de relance s’est déroulée en visioconférence le 19/07 à 10h00. Elle était présidée par le Premier Ministre.
Il a indiqué que le contexte était particulier du fait de la crise sanitaire qui reprend avec le nouveau variant qui est un frein à la relance. Il constate cependant que la croissance en France est « vertigineuse » et que la reprise est là, malgré des problèmes d’approvisionnement et de main d’œuvre dans certains secteurs. Il indique qu’il souhaite recueillir des propositions pour améliorer la mise en œuvre du plan de relance, qui a pour but selon lui le soutien à l’activité économique et à l’emploi avec comme priorités la souveraineté économique, la transition écologique, et la cohésion sociale et territoriale.
...
Le ministre de l’Économie dresse ensuite un état d’avancement de la mise en place du plan de relance : 40 Milliards sur 100 sont engagés :
- 11.5 sur le volet transition écologique
- 16.5 pour le volet compétitivité dont 10 Milliards de baisse d’impôts de production
- 12 pour le volet cohésion sociale et territoriale.
Il espère, être à 70% en fin d’année et appel tous les acteurs à mettre les bouchées doubles pour atteindre l’objectif. Il espère que l’activité reviendra au niveau d’avant crise au premier trimestre 2022 même si le retour de la pandémie peut être un obstacle.

La Ministre de l’Écologie a indiqué pour sa part que les mesures qui rencontrent le plus de succès dans son domaine sont celles destinées aux particuliers, « MaPrimeRénov’ » et le verdissement du parc automobile.
NB : Cela montre si besoin était qu’il y a des besoins à satisfaire (manque de pouvoir d’achat) et que contrairement à la philosophie du plan de relance il vaudrait mieux agir principalement sur la demande que sur l’offre.

La Ministre du Travail a indiqué que 8 Milliards avaient été consacrés aux embauches en CDD de + de 3 mois et aux embauches en CDI, sans dresser de bilan sur la répartition entre CDD et CDI, le type d’emploi, la qualification, etc. Elle a signalé également que 525000 contrats d’apprentissage avaient été conclus, et a indiqué que le gouvernement réfléchissait à un revenu d’engagement jeune pour 2022.

La CGT s’interroge sur la lisibilité, l’articulation et la cohérence des différents dispositifs qui se superposent aujourd’hui : plan de sortie de crise COVID, plan de relance qui intègre le volet un jeune / une solution, plan d’aide aux filières stratégiques, ...
Le problème de cette réunion c’est qu’il ne s’agit aucunement de tirer une évaluation du plan mais juste de dresser un suivi de la consommation des crédits budgétaires alloués, en faisant l’impasse sur la question clé de l’impact du plan sur l’emploi.
Elle rappelle que dès son origine elle avait fait part de son scepticisme vis-à-vis du plan de relance favorable financièrement pour les entreprises mais beaucoup moins pour les salarié-e-s qui subissent dégradations des conditions de travail, plans de suppressions d’emplois, réforme régressive de l’assurance chômage, atteintes au droit du travail. Par exemple, des sujets majeurs ne sont pas abordés comme celui de la rémunération des salariés alors que l’on a mis en avant –en parole –les travailleurs de première et seconde ligne, de la reconnaissance des qualifications notamment pour ses professions, etc.
C’est bien d’un plan de rupture dont nous avons besoin.

Il y a beaucoup d’argent sur la table, mais cette option de guichet et de bons de tirage pour les entreprises notamment les plus grandes interroge sur la finalité de tout cet argent qui aurait pu être aussi déployé vers les services publics, la sécurité sociale et la protection sociale, ... Sur l’axe compétitivité, la principale mesure est la réduction des impôts de production. Cela a permis certes une forte croissance du taux de marge des 3entreprises qui atteint un niveau historique à 34.8% mais sans qu’il y ait un impact significatif sur l’investissement qui recule selon l’INSEE de 1% par rapport à 2019. Cela renvoie aux enjeux de la conditionnalité des aides quelles qu’elles soient et du pouvoir d’intervention des salarié-e-s en partant de l’entreprise, qui font défaut à ce plan de relance comme pour les autres mesures du gouvernement d’ailleurs.

Sur l’axe écologique, pour n’illustrer qu’avec les crédits consacrés à la rénovation des bâtiments, il y a un manque criant de crédit dédié à la rénovation thermique des logements sociaux ainsi que des logements privés. Plus de moyens aurait permis de conjuguer cohérence sociale et territoriale. Compte tenu de l’impact écologique des bâtiments une enveloppe plus importante permettrait de s’approcher des objectifs fixés, tout en soulageant les factures d’énergie des populations défavorisées. En réalité ,ce volet est plus un effet d’affichage que l’engagement d’actions réelles face à l’urgence climatique. Et en même temps, le gouvernement réduit l’aide au logement pour les ménages et assèche les moyens d’Action Logement.

Sur l’axe de cohésion sociale, il est insuffisant comme par exemple pour le revenu complémentarité jeune. En réalité,c’est la question du rôle des services publics et en parallèle celle des grands équipements, comme la question de la fracture numérique tant sociale que territoriale, qui est posée et qui est totalement absente de ce volet. Il faut sortir de la politique d’appel à projet qui bénéficie essentiellement aux grandes entreprises. Il faut de plus que cela s’inscrive en complémentarité territoriale et non en concurrence.Concernant le soutien aux filières stratégiques et notamment industrielles, alors que la volonté de relocalisation et de souveraineté industrielle est mise en avant pourquoi a contrario le gouvernement n’intervient pas en imposant un moratoire sur la fermeture des sites industriels, en pesant sur les décisions des donneurs d’ordre au regard des impacts sur la sous-traitance et en soutenant les projets alternatifs et de développement portés par les salariés ?

Conclusion : le Premier Ministre est revenu une fois de plus sur l’importance du plan, et sur sa mise en œuvre. Il considère que le plan fonctionne parce qu’il y a de nombreuses demandes, mais ne s’interroge pas sur sa finalité, et n’envisage pas l’arrêt de la politique de guichet, et des effets d’aubaine qu’elle génère. Il a également avancé des pistes pour la continuité des réunions de suivi.

Partant du constat que la réunion est très large et réunit beaucoup de personnes, qui de ce fait ne peuvent pas s’exprimer totalement, il envisage entre les réunions plénières de pouvoir avoir des comités de suivi par secteur sous la responsabilité du ministre concerné. Il réfléchit sur des lieux de dialogue plus réactifs plus réguliers, permettant plus de suivit notamment au plan local.

In fine, auto-satisfait, le gouvernement est bien décidé à tirer les bénéfices politiques des 100 milliards de la relance. Il a lancé courant juillet une opération tous azimuts de communication:affichage, spot publicitaire, mailing, ..., vantant les mérites de France Relance.

Les préfets sont mis aussi à contribution. Ils ont reçu, une fois n’est pas coutume, une enveloppe de 50 000 euros par préfecture pour lancer des opérations de pub dans leurs départements respectifs.

Article publié le 22 août 2021.


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